Série : art funéraire

Série : art funéraire
 

Depuis un peu plus d’une semaine, j’ai commencé une nouvelle série d’images. Habituellement, je suis surtout intéressé par ce que j’appelle le street-art. Je désigne, sous ce vocable, les peintures faites sur les murs. J’expliquerais prochainement la raison de mon attachement à ce thème. Mais revenons à cette nouvelle série qui peut, d’un premier abord, sembler morbide. Elle s’articule autour du thème de l’art funéraire.

Les cimetières, notamment parisiens, sont tout d’abord des lieux de souvenir et de recueillement pour les proches des défunts. A ce titre, nous devrions respecter ces endroits. Ce n’est pas toujours le cas malheureusement. Il ne m’a pas fallut attendre longtemps pour m’en apercevoir. Comme ils, les cimetières parisiens, sont devenus des lieux de passage entre deux rues ou quartier, de nombreuses personnes les utilisent comme des parcs ou des jardins et se comportent comme s’ils étaient chez eux.

Au moyen-âge, lors du décès d’une personne, on enterrait le corps dans les cimetières accolés aux églises de la ville. Pour Paris, ces différents cimetières étaient devenus surchargés et insalubres. C’est ce qui poussa les responsables de la ville de Paris au XVIIIième siècle, à la fermeture progressive de ces cimetières. 3 grandes nécropoles furent alors créées en dehors de l’enceinte de la ville de Paris à cette époque. Le premier le fut en 1804 à l’est de la ville. C’est aujourd’hui le cimetière du Père-Lachaise. Il fut suivi par celui de Montparnasse au sud en 1824, puis par celui de Montmartre en 1825 au nord. Le cimetière des Innocents qui était situé en plein cœur de la capitale fut lui aussi fermé. Les ossuaires furent transférés dans les catacombes.

Ces 3 cimetières sont devenus au fur et à mesure connus pour diverses raisons. La plupart des personnes illustres reposent en paix dans l’un d’entre eux. Ce qui les a fait connaître aussi, c’est l’audace architecturale pour certaines sépultures. On peut y trouver des objets, des peintures ou des sculptures. L’autre aspect de ces cimetières c’est qu’ils sont devenus de véritables espaces verts pour se promener et que l’on peut visiter. Ils sont appréciés des promeneurs pour la diversité de leur patrimoine naturel et architectural. C’est ce denier point de vue qui m’intéresse dans ce thème.

Que l’on soit fortuné ou non, on cherche à honorer sa famille. On utilise alors ses ressources pour ornementer la tombe avec une sculpture, une décoration qui rappelle le métier ou la passion du défunt. On peut aussi choisir de respecter toute la famille en choisissant d’abriter toute la famille dans un même mausolée. Les anonymes peuvent aussi apporter leur sensibilité pour commémorer un personnage illustre au travers d’une souscription pour orner la tombe d’un gisant ou d’une sculpture par exemple. Ce sont ces symboles que je cherche à mettre en valeur et à montrer. L’art funéraire est aussi le reflet d’une société ou du défunt. Selon l’époque, le lieux et l’histoire de la civilisation, cet art va évoluer avec le temps. Ce temps qui passe qui marquera de son empreinte ces objets comme pour indiquer que l’homme n’est rien sur terre et que seul subsistera son souvenir immatériel.

Il y a en tout et pour tout 20 cimetières, 14 cimetières intra-muros et 6 cimetières extra-muros, qui sont gérés par la Ville de Paris. Selon les nombres donnés par la marie de paris, les cimetières parisiens représentent un véritable patrimoine de la bio-diversité :

  • 422 hectares de superficie globale dont 73 hectares d’espaces verts
  • 634 000 concessions
  • plus de 100 km de voiries
  • plus de 150 bâtiments de tous ordres

Comme ces cimetières sont entourés d’enceintes qui les isolent de la rue et du reste de la ville, la nature et les animaux peuvent y prospérer. Nous pouvons y trouver des paysages variés, des décorations florales, des massifs d’arbustes aux essences multiples. Chacun a ses particularités propres ils abritent de nombreux oiseaux et écureuils, etc. qui peuvent y trouver repos et protection. Nous pouvons maintenant y trouver des hérissons, des chouettes hulottes, voir des renards. Pour ces derniers, ce sont surtout dans les cimetières extra-muros qu’on devrait les y chercher.